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PHOTO: AFP

 

Pour le Brésil, ce fut une Coupe du monde à l’envers. Les Brésiliens ont perdu là où ils étaient persuadés de l’emporter – au soccer – et ils ont gagné là où on s’attendait à ce qu’ils perdent – dans l’organisation du tournoi.

Pendant plusieurs années, le gouvernement du pays a essuyé les remontrances de la FIFA pour d’importants délais de construction des stades. Les politiciens ont vu la population leur reprocher de dépenser des milliards de dollars en dépit de la détérioration des services publics. Les journaux étrangers ont mis en garde les amateurs contre les serpents et la violence tandis que les quotidiens brésiliens n’ont pas manqué pas une occasion d’écorcher les organisateurs.

Plusieurs questionnements persistent, principalement au sujet de la corruption entourant les travaux ainsi que de l’héritage sur le plan financier.

Mais il n’y a aucun doute que l’objectif de procurer aux amateurs du monde entier un spectacle sportif de premier ordre a surpassé le niveau d’espérance de tout le monde.

La présidente du comité d’organisation, Dilma Rousseff, retire une grande satisfaction du succès qu’a connu le tournoi.

«Eh bien, a-t-elle souligné en présence d’un parquet de journalistes étrangers dimanche soir, nous avons dissipé les doutes chez tous ceux qui ne croyaient pas en nous.»

Rousseff a argué que le succès de la Coupe du monde donnera confiance au pays dans sa capacité à organiser un autre méga-événement: les Jeux olympiques d’été de Rio en 2016.

Pour Eliane Cantanhede, chroniqueuse politique brésilienne reconnue pour sa satire dans le quotidien Sao Paulo, l’événement a «réellement surpris tout le monde».

«Le monde entier s’attendait à plein de problèmes, mais ç’a été un succès, a-t-elle noté. Et tout le monde s’attendait à ce que le Brésil gagne, mais ç’a été le désastre. Ç’a été une double surprise!»

Le Brésil a été humilié 7-1 en demi-finale, avant de s’incliner 3-0 dans la petite finale.

Reste à voir maintenant si l’investissement de 13,5 milliards $ vaudra le coût.

«Je suis encore fâché. On a dépensé tellement d’argent dans la construction de stade, au moment où nos hôpitaux et écoles sont dans de piètres conditions, a dit Laeste de Santana, un barbier de Rio âgé de 50 ans. La situation ne s’améliorera pas en raison de la présentation de la Coupe du monde.»

Mais le chauffeur de taxi de Rio Paulo Oliveira voit les choses de façon plus positive.

«Ç’a été un bel événement. Nous avons montré aux visiteurs, dans la plus pure tradition brésilienne, combien nous sommes accueillants et chaleureux, a-t-il mentionné. Notre pays a progressé depuis 10 ans. Nous avons encore des problèmes à régler, évidemment, au chapitre des infrastructures et de la pauvreté. Les visiteurs l’ont constaté. Mais au cours du dernier mois, au moins, tout ce que j’ai vu dans mon auto ce sont des gens heureux et souriants.»

 

Sepp Blatter donne une note de 9,25/10 à ce Mondial

Le Brésil s’est vu octroyer une note de 9,25 sur 10 par le président de la FIFA Sepp Blatter après avoir organisé une Coupe du monde qui a été «très spéciale» en raison de la qualité élevée du jeu.

En faisant son bilan du tournoi, lundi, Blatter a par ailleurs accusé l’organisme qu’il dirige de ne pas avoir géré assez sévèrement les incidents de racisme qui sont survenus dans les stades.

Blatter a dit avoir discuté avec le président russe Vladimir Poutine, à l’occasion de la finale de dimanche, de la nécessité de faire de ce dossier une priorité en vue de la Coupe du monde de 2018 qui aura lieu dans son pays.

Ce tournoi sera le troisième d’affilée impliquant de vastes projets de constructions de stades et d’infrastructures dans un pays émergent.

«Nous nous sommes améliorés, vous vous êtes améliorés, le Brésil s’est amélioré depuis le Mondial sud-africain», a dit Blatter, qui avait accordé une note de 9, il y a quatre ans, aux organisateurs d’une autre Coupe du monde tenue malgré les doutes et les délais serrés de préparatifs.

Les joueurs et les matchs ont pour la plupart été acclamés au Brésil, alors qu’il y avait eu plusieurs déceptions en Afrique du Sud.

Blatter a dit qu’il savait que ce tournoi-ci serait différent quand les Pays-Bas ont battu l’Espagne 5-1 à l’occasion du troisième match de la compétition.

«Quelque chose se passait dans cette Coupe du monde, quelque chose de très spécial», a déclaré Blatter.

Reste que plusieurs citoyens brésiliens sont mécontents à l’endroit de leur gouvernement et des dépenses estimées à 13 milliards $ pour tenir le tournoi de 32 jours.

Blatter a minimisé les sifflets dirigés vers lui et la présidente du Brésil Dilma Rousseff lorsqu’ils ont présenté le trophée au stade Maracana, dimanche, au capitaine de la sélection allemande Philipp Lahm.

«C’est normal, a dit Blatter, qui avait également été hué lors de la finale du Mondial de 2010 à Johannesburg. Si vous occupez ce poste, vous devez vivre avec cela.»

La Coupe du monde russe a un budget de 20 milliards $, notamment pour la construction ou la rénovation de 12 stades, en plus de projets de construction de voies ferrées.

Blatter a laissé entendre qu’on pourrait évoquer une réduction à 10 stades lors de discussions prévues en septembre avec les organisateurs.

«Nous évaluons présentement quel est le nombre idéal», a dit Blatter, en laissant entendre qu’il préférait un projet «réaliste, raisonnable, contrôlable» afin d’éviter d’avoir des stades qui ne serviront plus ensuite.

 

source: Bradley Brooks, Graham Dunbar
Associated Press