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Quand un groupe d’étudiantes des universités de Beyrouth a formé la première équipe de football féminin du Liban en 1997, elles ne pensaient certainement pas que 18 ans plus tard, une équipe de football féminin entrerait dans l’histoire du football national. Le 23 février dernier, l’équipe U-17 a brandi le Championnat arabe, organisé au Qatar et auquel six équipes ont participé. Il s’agit de la meilleure performance du football libanais au niveau international, continental et régional.

Malgré l’absence de grands noms dans cette compétition, le succès des Libanaises a eu un énorme impact, comme le prouve l’accueil qu’elles ont reçu à l’aéroport de Beyrouth. Les dirigeants de la Fédération libanaise, les médias et de nombreux fans s’étaient déplacés pour fêter l’exploit de la sélectionneuse Hiba Jaafil et de ses joueuses. « L’ossature de l’équipe qui a participé au championnat était composée de la formation U-19 ayant disputé les qualifications pour la Coupe d’Asie U-19 », explique la technicienne de 28 ans. « Dans ces qualifications, nous avons essuyé trois défaites de suite mais les joueuses ont acquis une grande expérience, qui s’est vue dans ce championnat. Avant la compétition, nous avons traversé des problèmes car elle se tenait en même temps que les examens, sans compter la pluie, qui nous a empêchées de nous entraîner de manière intensive. Les filles étaient très enthousiastes après avoir engrangé de l’expérience en qualifications pour la Coupe d’Asie. Après le premier match, nous étions déterminées à arriver en demi-finales et, une fois cet objectif atteint, nous avons visé le titre. »

Jaafil a déjà représenté le Liban en qualifications pour la Coupe d’Asie Féminine 2014 et est bien placée pour évoquerla révolution que cette victoire a entraînée dans le football libanais et de l’intérêt croissant pour le football féminin. Elle voit l’avenir avec optimisme, malgré les obstacles rencontrés par ce sport« Avant la compétition, 20 % des Libanais suivaient le football féminin mais, après cette victoire, ce chiffre est monté à 80 % environ », assure la seule femme à avoir obtenu un diplôme d’entraîneur de première catégorie de la Fédération libanaise. « Après l’intérêt médiatique porté à l’équipe, de nombreuses jeunes filles m’ont contactée pour jouer au football. Nous avons d’ailleurs mené quelques expériences, auxquelles ont assisté 50 filles, ce qui est un bon chiffre pour nous. »

Le potentiel nécessaire
Pour ce qui est de l’avenir, Jaafil pense que « la sélection qui a gagné le Championnat arabe possède beaucoup de talent, mais le plus important est que l’intérêt porté à cette équipe continue afin qu’elle se développe de plus en plus ». En parallèle au travail réalisé par Jaafil avec la sélection U-17 sur le terrain, la Commission du football féminin au sein de la Fédération libanaise a fourni de gros efforts pour développer ce sport : un championnat U-19 a été créé et six joueuses de la sélection U-17 ont fait partie du club gagnant la saison dernière.

Rana Nakhle, membre de cette Commission, a souligné l’importance du soutien apporté par la FIFA : « On ne peut pas nier le rôle joué par la FIFA dans le développement du football féminin au Liban, que ce soit à travers les programmes spécifiques ou les aides apportées aux différentes sélections. Mais au Liban, nous nous appuyons sur l’effort personnel à cause du manque de sponsors, ce qui est très important dans le monde du football ».

Nakhle a assisté à la première étape de l’édition inaugurale du Programme pour le développement du leadership féminin, lancé par la FIFA en juillet dernier à Vancouver, un jour avant la finale de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, Canada 2015™. Elle sera également présente pour la deuxième étape du Programme, qui se déroulera à Zurich la semaine prochaine. « Il nous donne beaucoup d’expérience, ce qui est crucial pour développer ce sport malgré notre grand retard. La FIFA va nous aider à monter un programme spécifique au Liban », espère-t-elle, rêvant déjà d’une participation libanaise en Coupe du Monde Féminine de la FIFA. « Nous pouvons arriver en Coupe du Monde. La sélection U-17 a réalisé un bel exploit et nous possédons le potentiel nécessaire à d’autres performances remarquables », juge-t-elle. « Si les joueuses, les dirigeants, les clubs, la Fédération et les supporters s’engagent dans le plan et la vision que nous avons, nous pouvons nous qualifier pour la Coupe du Monde d’ici quatre à cinq ans ».

 

FIFA.com