La carrière de rêve d’Abby Wambach s’est achevée ce mercredi 16 décembre, à la Nouvelle-Orléans, à l’issue de la rencontre entre les États-Unis et la RP Chine (0:1), organisée dans le cadre de la « Tournée victorieuse » des Américaines après leur triomphe lors de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, Canada 2015™. Championne du monde et double médaillée d’or olympique, la joueuse de 35 ans est aussi la meilleure buteuse internationale de l’histoire.

L’empreinte laissée par Wambach avec les Stars and Stripes ne peut cependant pas se mesurer à la seule lumière de ses trophées, records et récompenses individuelles. Alors qu’elle vient de fouler le terrain pour la toute dernière fois, le monde du football fait ses adieux à l’une des joueuses les plus solides – à la fois physiquement et mentalement – et passionnées de l’histoire de la discipline.

« Je sais que tout le monde voulait que je marque », a t-elle confié à l’issue du match face à la RP Chine. »C’est sûrement à cause de cela que l’équipe n’a pas marqué d’ailleurs, trop concentrée à me faire marquer moi. Mais aujourd’hui, ce n’était pas une question de gagner, mais la fin d’une époque pour moi. Je suis tellement honorée d’avoir fait partie de cette équipe pendant autant de temps. »

Afin de rendre hommage à l’un des fers de lance du football féminin, FIFA.com revient sur dix moments forts de la carrière de la native de Rochester, dans l’État de New York : ses succès et ses distinctions, mais également ses qualités sportives et humaines exemplaires, qui l’ont aidée à se hisser au sommet de son art.

6 décembre 1998
Bien avant de faire tomber les records internationaux sous le maillot des Etats-Unis, Wambach a attiré l’intention des plus grandes universités du pays. Son choix s’est finalement porté sur l’Université de Floride. Elle a quitté Rochester pour Gainesville en 1998 afin d’intégrer un programme lancé seulement trois années auparavant. Malgré son statut de novice, la jeune Américaine a inscrit 19 buts pour permettre aux Gators de remporter le championnat national, premier d’une longue série de succès.

24 août 2003
En rejoignant Washington Freedom en 2002, dans l’ancien championnat nord-américain féminin, la Women’s United Soccer Association (WUSA), Wambach a eu l’honneur d’être associée en attaque à la légende américaine Mia Hamm, dont elle a beaucoup appris au quotidien. L’année suivante a clairement marqué un passage de témoin entre les deux joueuses, la cadette assumant avec autorité son nouveau rôle de porte-drapeau du football féminin américain. Aussi efficace qu’Hamm lors de la saison 2003, elle a été désignée meilleure joueuse de la finale du championnat, après avoir offert le titre à Washington en inscrivant un doublé.

21 septembre 2003
Moins d’un mois après avoir soulevé la Founders Cup avec son club, Wambach a effectué ses grands débuts en Coupe du Monde Féminine de la FIFA™, devant les 34 144 spectateurs du RFK Stadium de Washington, première étape d’un long voyage jusqu’au titre mondial de l’été dernier à Vancouver. Ses trois buts n’ont pas suffi aux Américaines pour faire mieux qu’une décevante troisième place, après leur défaite 3:0 en demi-finale face à l’Allemagne. États-Unis 2003 aura été pour elle une énorme désillusion, mais également une source de motivation pour le reste de sa carrière. « Je me suis sentie responsable », raconte-t-elle à propos de la défaite en demi-finale. « Qu’importe les circonstances, j’étais la seule pièce du puzzle qui avait changé par rapport à 1999, pour une nouvelle Coupe du Monde aux États-Unis. Mais c’était finalement un mal pour un bien. Cet échec a conditionné les succès que j’ai pu connaître plus tard. J’ai gardé pendant longtemps l’image des joueuses allemandes célébrant leur victoire. Notre sélectionneuse, April Heinrichs, m’a aperçu en train de les regarder et m’a invitée à rentrer aux vestiaires. Je lui ai répondu que je ne voulais pas oublier ce moment. »

26 août 2004
Wambach a remporté son premier Tournoi Olympique de Football Féminin à Athènes, face au Brésil, après avoir délivré les Américaines à la 112ème minute de jeu d’un coup de tête caractéristique. La buteuse est revenue plus tard sur les émotions qui l’ont parcourue ce jour-là, alors qu’elle célébrait ce superbe succès avec ses coéquipières : « Lorsque nous étions sur le podium lors d’Athènes 2004, je me souviens avoir eu l’envie d’y goûter à nouveau au plus vite. J’étais impatiente de me retrouver encore sur la première marche. J’ai commencé à préparer les Jeux Olympiques suivants dès que nous sommes descendues du podium. »

11 septembre 2007
Quatre ans après États-Unis 2003, les Américaines ont connu une nouvelle désillusion en Coupe du Monde Féminine, laissant chez Wambach une cicatrice de plus, au propre comme au figuré. L’attaquante a en effet été victime, lors de son premier match de RP Chine 2007, d’un violent choc tête contre tête avec la Nord-Coréenne Ri Kum-Suk. Déterminée à finir la rencontre, elle s’est très vite relevée, avant de foncer vers les vestiaires pour recevoir des points de suture. « J’ai crié sur le médecin pour lui demander de se dépêcher, ce qui n’a pas forcément arrangé les choses », a-t-elle confié à l’issue de la partie. Malgré le caractère spectaculaire de la blessure (similaire à un autre incident, quelques années plus tard, à l’occasion d’un match de qualification pour la Coupe du Monde au cours duquel elle s’est fait recoudre sur le terrain pour continuer à jouer), c’était presque une soirée comme les autres pour Wambach. « Cela fait partie du jeu », assure-t-elle. « Je suis une grande fille et j’aime en imposer physiquement. Vous êtes exposée à ce genre d’incidents lorsque vous jouez de la sorte. Mais ce n’est pas grand-chose. »

17 juillet 2008
La douleur ne l’arrête pas, mais les points du suture n’ont rien pu faire lorsque Wambach s’est cassée la jambe, à un mois des Jeux Olympiques de Pékin 2008, où elle devait défendre sa médaille d’or d’Athènes. Victime d’une double fracture lors d’un match de préparation face au Brésil, elle a calmement signalé qu’elle nécessitait l’intervention du staff médical, avant d’être évacuée du terrain sur civière et transportée dans une ambulance, sans jamais montrer la moindre trace d’inquiétude sur son visage. « J’ai tout de suite réalisé que mon rêve olympique était terminé », témoigne-t-elle. « J’ai accepté tout au fond de moi la réalité de la situation. La plupart du temps, vous prenez peur lorsque vous n’êtes pas certain de ce qui arrive. Mais j’avais tout compris, je n’avais pas peur. »

10 juillet 2011
Sans surprise, Wambach est revenue encore plus forte sur la scène internationale pour aider les Américaines à effacer le souvenir de deux campagnes mondiales décevantes lors d’États-Unis 2003 et RP Chine 2007. Malgré la courte défaite des Stars and Stripes en finale face au Japon, l’attaquante a marqué à nouveau les esprits en égalisant après 122 minutes de jeu lors du quart de finale contre le Brésil. Son coup de tête salvateur a été désigné comme le plus beau but de l’histoire de la Coupe du Monde Féminine par les utilisateurs de FIFA.com, peu avant Canada 2015.

7 janvier 2013
Wambach a été désignée Joueuse Mondiale de la FIFA de l’Année 2012 lors du FIFA Ballon d’Or après une nouvelle campagne remarquable lors du Tournoi Olympique de Football Féminin, Londres 2012. Elle a permis aux États-Unis de décrocher la médaille d’or et de prendre leur revanche sur le Japon, battu 2:1 à Wembley lors du remake de la finale d’Allemagne 2011. Ses performances étincelantes, tout au long de la compétition, lui ont valu cette prestigieuse distinction, mais l’Américaine, pas vraiment du genre à se mettre en avant, a tenu à saluer la contribution de ses coéquipières au moment de monter sur la scène pour recevoir son trophée. « Chaque récompense individuelle est le fruit du travail de l’équipe pour laquelle vous évoluez », a-t-elle rappelé. « Je n’ai jamais marqué un but sans recevoir une passe de quelqu’un d’autre. »

20 juin 2013
Auteure d’un quadruplé lors de la première mi-temps d’un match amical contre la République de Corée, Wambach est rentrée dans l’histoire du football en dépoussiérant le record de 158 buts internationaux de sa compatriote Hamm. Près de dix ans après avoir soulevé ensemble la Founders Cup, cette dernière a rendu un vibrant hommage à son ancienne coéquipière : « Je suis tellement fière d’elle. Ces quatre buts la résument parfaitement. Elle se bat pour chaque ballon, avec courage, et n’abandonne jamais. Sa force et son acharnement ont fait d’elle une joueuse exceptionnelle crainte par toutes les défenses adverses. J’ai été sa coéquipière au début de sa carrière. Je sais qu’elle a toujours voulu gagner et elle continue à le faire. »

5 juillet 2015
Onze ans et 287 jours après sa première apparition en Coupe du Monde Féminine, Wambach a enfin décroché ce trophée si convoité. Rentrée en jeu en deuxième mi-temps lors de la victoire éclatante des États-Unis face au Japon (5:2), à Vancouver, elle a brandi la Coupe du Monde face aux supporters américains, sommet d’une des plus belles carrières de l’histoire du football féminin. Fidèle à ses habitudes, elle a tenu à saluer la performance de l’ensemble du groupe, qui a permis aux États-Unis d’être le premier pays à avoir remporté le tournoi à trois reprises. « Cette victoire a été obtenue à 23 », a expliqué Wambach peu après la finale. « Je suis tellement heureuse pour l’équipe, tout le monde le mérite. Ce titre mondial appartient à chacune d’entre nous. »

source: FIFA.com | PHOTO: ©Getty Images